14 décembre 2007

La Tête à Toto

Depuis deux jours (3?) j'ai effectivement un peu la tête d'un Toto albinos, avec en prime des oursins sur les amygdales et des grillons dans les tympans. Mon dernier gros rhume s'était déclaré à Montréal (c'est plus chic). M'enfin c'est pas pour ça que je parle de Toto. Ce soir j'ai donc vu la tête à Toto et aussi entendu Toto Le Mômo. Ben c'est pas gai, gai mais c'est vachement bien. En fait, à chaque fois que j'ai assisté à une pièce où D. jouait, je suis toujours repartie satisfaite. Fatiguée, enrhumée mais contente, et bien sûr j'ai oublié de le remercier pour son invitation...



TOTO LE MOMO

C’est un grenier tout sombre, ou bien une cave. Un endroit secret, avec des lampes de toutes sortes qui dispersent des traces de lumières fantomatiques, avec des chaises creuses de toutes tailles, aux longues jambes filiformes. S’y asseoir représente un exploit. On peut y grimper, comme l’homme qui est là, et s’accroche, tente de s’y installer, passe au travers, affronte l’inconfort avec une patience animale. Tendre fauve perdu, D*vid Ay*l* prend en lui les phrases magnifiquement bouleversantes, écrites il y a plus de soixante ans par Antonin Artaud alors qu’il préparait la conférence du 13 janvier 1947 au Vieux-Colombier, ce fameux soir où il quitta la scène au bout d’à peine une heure, face à un public on ne peut plus déconcerté... La conférence du 13 janvier renversera les choses à condition d’évoquer le réel, écrivait Artaud. Et si ce soir là, il n’a pas été entendu, aujourd’hui est offerte l’occasion d’écouter Toto le Mômo.

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