Le Festival Mythos est donc terminé et les valeureux bricoleurs de la société Magic Mirror démontent sous un soleil digne des plus beaux jours d'été. Après avoir fait honneur à La Valeur
Travail le petit peuple français a aujourd'hui rendu hommage (une dernière fois ?) aux valeurs du Front Populaire. J'entendais ce matin à la radio une auditrice qui vantait les mérites des traditions dans le sens ou celles-ci servaient selon elle à créer des liens. J'ai eu en quelque sorte confirmation de ses dires en me rendant, comme chaque année, au rituel défilé du 1er mai. Muguet et banderoles étaient au rendez-vous, ainsi que les trois potes de manif habituels. Quelques kilomètres plus tard nous nous sommes donc dirigés vers la mythique Fête de la Paresse.
Dans une petite rue fermée à la circulation pour la journée, se tient depuis de longues années une fête fort sympathique le premier jour de mai. Galettes saucisses et autres animations de kermesse ponctuent les trottoirs où étaient autrefois installés hamacs ou chaises longues.
La surprise du jour fut un cortège formé d'étonnants manifestants . Les slogans fusaient drôles et pleins d'humour.
Cependant, la première fois que je les ai croisés dans la rue mon sourire fut quelque peu "en biais". Look BCBG de droite catho de rigueur, l'étrange ribambelle lançait des "CAC40 ! CAC40 ! Ouai! Ouai! Ouai !", "Plus de banques ! Moins de saltimbanques!", "Les pauvres sont des feignants ! Ecrasons-les !", et portait haut banderoles où l'on pouvait lire "Arte c'est trop compliqué !", "Faites des enfants ! Pas des intermittents !" ou bien encore "Le Bigdil c'est pas si facile!". Cet évènement organisé par le collectif des Ateliers du Vent (ardents défenseurs entre autre de la réhabilitation du Mardi Gras et du jour férié qui va avec) était effectivement plutôt désopilant. Malheureusement, des slogans du style "Intermittent, retourne dans ton pays" doublés de l'uniforme bleu marine ne m'évoquent rien de très joyeux en cette période d'élection... On n'a pas mangé de galettes saucisses mais des mezze libanais. On a bu du vin rouge et on a trinqué avec nos voisins de table. Et plusieurs fois dans la journée le même leitmotiv: "Profitons-en ! Bientôt on risque de ne plus pouvoir le faire..." Le plus étrange dans l'histoire c'est que je me dis que tout ceux avec qui "Ensemble, tout devient possible" ne font pas partie des citoyens qui, dimanche prochain, glisseront un bulletin Sarkozy dans l'urne. 


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