Ce lundi je n'ai pas été "ravie au lit", au contraire. Les hostilités ont repris de plus belle pour la tête et les jambes. Pendant ma récréation de midi j'ai pu constater que Mère-Grand avait repris du poil de la bête avec les quatre culots de sang "tout neuf" qui coulent dans ses veines. Les effets sont à peu près les mêmes que si elle avait pris un rail de coke (ou deux...) et il semblerait que cet état de chose perdure pendant trois ou quatre jours. Une transfusion qui, loin d'être curative, est à classer dans la rubrique des soins palliatifs. Palier à la fatigue chronique qui s'était installée depuis quelques mois. Palier aux effets morbides de la leucémie. J'ai un peu le sentiment que l'on a rempli une bouteille percée... De fait on ne sait pas quand elle sera à nouveau vide.J'ai donc tenté de remplir d'autres bouteilles à moitié pleines et à moitiés vides d'un cocktail plus ou moins dopant d'aléatoire et de prémédité, de représentation du temps, de dessin dans sa relation avec le corps par l'intermédiaire du geste, de dessin automatique, de passage de la ligne à la surface, de all over, d'occupation de l'espace... A vrai dire cela a bien occupé les neurones et les mains de mes petits camarades d'infortune et dans l'histoire je n'ai pas réussi à trouver le temps de goûter enfin aux joies promises du Sudoku. C'est peut-être mieux comme ça...

"J'aime donner de la substance et de la réalité aux choses que nous avons décrétées insubstantielles et immatérielles" James Turell




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