04 avril 2007

La clé des champs

Tout avait pourtant bien commencé. Les clés du Royaume de Bretagne étaient arrivées 48 heures avant mon retour de stage accéléré d'aide à domicile/garde malade. Valises bouclées et coffre chargé j'avais anxieusement attendu les résultats du prélèvement sanguin hebdomadaire auquel se soumet de mauvaise grâce mère-grand. Horizon dégagé et coeur léger je me suis donc acheminée vers la demeure qui allait enfin me permettre de prendre quelques jours de repos bien mérités après toutes les péripéties des derniers jours, euh... des dernières semaines, non, des derniers mois... Arrivée à destination après 160 bons kilomètres avalés d'une seule traite je garais donc mon petit véhicule avec un pot tout neuf face à la place qu'allait occuper dans quelques jours une marchande de poissons frais. Avant toute autre chose, je me décidai à déposer mes affaires avant d'aller voir comment la mer était montée ce jour là. Et bien c'est là que les choses ont commencé à tourner en ma défaveur. La clé entrait sans problème dans la serrure mais elle ne tournait pas d'un poil ni à gauche, ni à droite. Après les essais d'usage d'adroite manipulation de la poignée, après avoir tiré, poussé, tenté de soulever la-dite porte j'ai senti un le poids de la fatalité s'abattre sur mes petites épaules. "Normal, la poisse continue". Le téléphone des propriétaires sonnant dans le vide j'ai agité le grelot de leur descendance, alerté le boucher de la place qui est bien gentiment venu me porter secours, en vain. En attendant qu'il remette la main sur un hypothétique double des clés je suis donc allée faire un mini-tour du propriétaire. Pas de doutes, les vacances de Pâques étaient bien commencées. La plage avait été allégée de tous les détritus encore présents une dizaine de jours plus tôt. Cependant, comme les parisiens n'allaient débarquer que 4 ou 5 jours plus tard on n'avait pas encore fait disparaitre toutes les preuves du subterfuge. Ces parigots sont-ils vraiment assez couillons pour croire que les plages bretonnes sont épargnées par la pollution humaine ?


Retour sur la place du village avant fermuture des petits commerces de proximité. Le boucher n'a pas retrouvé la clé. J'ai laissé tombé mes projets plage/krampouz. Je me suis dit qu'en roulant bien j'arriverais peut-être avant la fin d'Amélie Poulain. Après enquête express il s'avére que les derniers occupants avaient malencontreusement laissé les dans la serrure avant de quitter les lieux par une porte dérobée. Mais avant de repartir, et histoire de rentabiliser un tant soit peu mes 300 bornes aller/retour, j'ai capturé mon "J" et me suis abstenue de me prendre un petit jaune, ou toute autre liqueur, pour la route.
J'ai râté le début mais pas la fin des tribulations d'Amélie dans son Paris de carton pâte. Dans quelques jours de crédules parisiens en vacances à Plouplou irons se balader sur une plage aussi romantique que le Paris d'Amélie où tout le monde est beau et gentil.


Y verront-ils des calamars morts ?

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Je ne sais pas si ça va te consoler mais les proprios de ladite maison sont tombés en panne de gasoil en revenant de Bretagne… Une fois la colère de Dieu abattue sur la responsable du coup de "la clé à l'intérieur", tu seras totalement vengée!!

Zouzou a dit…

D'après ce que j'ai compris elle a déjà eu sa dose !!! Non ?