03 février 2007

Janvier rime avec TNB

Parce que ces couillons ont eu la bonne idée de concentrer leur programmation danse contemporaine en janvier me voilà au théâtre une à deux fois par semaine. Plus le reste ça commence à faire beaucoup ! Mais on va pas se plaindre. Heureusement que je vais être en chômage technique dans pas longtemps!!! La récolte n'a pas été mauvaise. Alors dans l'ordre mais pas celui de la préférence:


Loïc TOUZE - 9 -
Bon ben c'est bien Loïc Touzé mais franchement ce soir là j'avais pas envie de vivre la danse avec la tête. Et puis j'allais voir le premier vrai concert de Marion depuis la fin de sa résidence alors forcément j'avais pas trop la tête. En fait j'ai passé une heure à me dire que quitte à arriver en retard au Muséum Café j'aurai mieux fait d'aller voir Marine danser. bref. Monsouvenir du premier spectacle de Touzé vu à Montpellier il y a 5 ou 6 ans a pris une claque dans la gueule...



Salia nï Seydou et Ars Nova - Un Pas de côté -
Dans la série "pas d'bol" y'a eu aussi Un Pas de côté. Moi quand je suis dans la rue je fais un pas de côté quand... Et ben là désolée mais j'aurais préféré me taper Louis Page à la téloche que de ma farcir ça. J'ai eu l'impression de voir un mauvais spectacle de fin d'année. Sauf que EUX ce sont des pros... joli projet sur le papier mais alors dans mon siège c'était loooooooooonnggg !!!






Gilles Jobin - Double Deux -
Y'a pas de mots pour parler d'un spectacle qui vous transporte et qui vous donne une seule envie: bouger, danser... Et là une heure c'est trop court. Gilles Jobin (que je ne connaissais pas) c'est TROP BON ! J'EN VEUX ENCOOOOORE !!! Et dans ces cas là je me prends même à BEAUCOUP apprécier la musique électro... MIAM !

Endstation Amerika
Une adaptation de "Un Tramway nommé Désir" deTennessee Williams
Adaptation et mise en scène Frank Castorf de la Volskbühne Berlin.

Un spectacle où l'on se rend en trainant des pieds parce que l'on est crevé et qui vous assomme avant de commencer car vous vous rendez-compte que vous en prenez pour 2h30 c'est sûr que c'est pas gagné pour la troupe qui va donner le meilleur d'elle-même. C'est sans doute ce que l'on appelle un public pas acquis... et ben je suis ressortie de là défatiguée, contente et sans avoir vu passé les 2h30. En plus ça m'a donné envie de lire le texte original et j'ai enfin compris que le tramway que l'on nommait Désir c'était la Vie et que c'était pas si mal d'être monté dedans. Je suis niaise des fois ? Ouai je sais.


La Philosophie dans le boudoir
ou Les Instituteurs immoraux

Et pour terminer, LE texte que je n'ai jamais pu lire dans son entier et que pour une fois j'ai pu entendre... Pourquoi n'ai-je donc jamais pu le lire dans son ensemble ? La réponse est sans doute dans les extraits qui suivent. Tout ce que je peux vous dire c'est que je n'avais jamais réussi à ma farcir les pages philosophant sur le gouvernement et la place de la femme dans la société. Je le regrette car, présentés ainsi, certains passages résonnaient fortement face à l'actualité politique du moment... Je n'ai pas aimé les costumes, mais ils ne sont pas tout le temps habillés donc...


Marquis de Sade (1740 - 1814)
La Philosophie dans le boudoir ou Les instituteurs immoraux
DIALOGUES
Destinés à l'éducation des jeunes Demoiselles



EXTRAIT1

"Mme de Saint-Ange: Eugénie, veux-tu lui faire goûter de plus grands plaisirs?

Eugénie: Assurément... je veux tout faire pour lui en donner.

Mme de Saint-Ange: Eh bien! prends son vit dans ta bouche, et suce-le quelques instants.

Eugénie, le fait: Est-ce ainsi?

Dolmancé: Ah! bouche délicieuse! quelle chaleur!... Elle vaut pour moi le plus joli des culs!... Femmes voluptueuses et adroites, ne refusez jamais ce plaisir à vos amants: il vous les enchaînera pour jamais... Ah! sacredieu!... foutredieu!...

Mme de Saint-Ange: Comme tu blasphèmes, mon ami!

Dolmancé: Donnez-moi votre cul, madame... Oui, donnez-le-moi, que je le baise pendant qu'on me suce, et ne vous étonnez point de mes blasphèmes: un de mes plus grands plaisirs est de jurer Dieu quand je bande. Il me semble que mon esprit, alors mille fois plus exalté, abhorre et méprise bien mieux cette dégoûtante chimère; je voudrais trouver une façon ou de la mieux invectiver, ou de l'outrager davantage; et quand mes maudites réflexions m'amènent à la conviction de la nullité de ce dégoûtant objet de ma haine, je m'irrite et voudrais pouvoir aussitôt réédifier le fantôme, pour que ma rage au moins portât sur quelque chose. Imitez-moi, femme charmante, et vous verrez l'accroissement que de tels discours porteront infailliblement à vos sens. Mais, doubledieu!... je le vois, il faut, quel que soit mon plaisir, que je me retire absolument de cette bouche divine... j'y laisserais mon foutre!... Allons, Eugénie, placez-vous; exécutons le tableau que j'ai tracé, et plongeons-nous tous trois dans la plus voluptueuse ivresse. (L'attitude s'arrange.)

Eugénie: Que je crains, mon cher, l'impuissance de vos efforts! La disproportion est trop forte.

Dolmancé: J'en sodomise tous les jours de plus jeunes; hier encore, un petit garçon de sept ans fut dépucelé par ce vit en moins de trois minutes... Courage, Eugénie, courage!...

Eugénie: Ah! vous me déchirez!

Mme de Saint-Ange: Ménagez-la, Dolmancé; songez que j'en réponds.

Dolmancé: Branlez-la bien, madame, elle sentira moins la douleur, au reste, tout est dit maintenant m'y voilà jusqu'au poil.

Eugénie: Oh! ciel! ce n'est pas sans peine... Vois la sueur qui couvre mon front, cher ami... Ah! Dieu! jamais je n'éprouvai d'aussi vives douleurs!...

Mme de Saint-Ange: Te voilà à moitié dépucelée, ma bonne, te voilà au rang des femmes; on peut bien acheter cette gloire par un peu de tourment; mes doigts, d'ailleurs, ne te calment-ils donc point?

Eugénie: Pourrais-je y résister sans eux!... Chatouille-moi, mon ange... je sens qu'imperceptiblement la douleur se métamorphose en plaisir... Poussez!... poussez!... Dolmancé... je me meurs!

Dolmancé: Ah! foutredieu! sacredieu! tripledieu! changeons, je n'y résisterais pas... Votre derrière, madame, je vous en conjure, et placez-vous sur-le-champ comme je vous l'ai dit. (On s'arrange, et Dolmancé continue.) J'ai moins de peine ici... Comme mon vit pénètre!... Mais ce beau cul n'en est pas moins délicieux, madame!...

Eugénie: Suis-je bien ainsi, Dolmancé?

Dolmancé: A merveille! Ce joli petit con vierge s'offre délicieusement à moi. Je suis un coupable, un infracteur, je le sais; de tels attraits sont peu faits pour mes yeux; mais le désir de donner à cette enfant les premières leçons de la volupté l'emporte sur toute autre considération. Je veux faire couler son foutre... je veux l'épuiser, s'il est possible... (Il la gamahuche.)

Eugénie: Ah! vous me faites mourir de plaisir, je n'y puis résister!...

Mme de Saint-Ange: Pour moi, je pars!... Ah! fous!... fous!... Dolmancé, je décharge!...

Eugénie: J'en fais autant, ma bonne... Ah! mon Dieu, comme il me suce!...

Mme de Saint-Ange: Jure donc, petite putain!... Jure donc!...

Eugénie: Eh bien, sacredieu! je décharge! Je suis dans la plus douce ivresse!...

Dolmancé: Au poste!... au poste, Eugénie! Je serai la dupe de tous ces changements de main. (Eugénie se replace.) Ah! bien! me revoici dans mon premier gîte... montrez-moi le trou de votre cul, madame, que je le gamahuche à mon aise... Que j'aime à baiser un cul que je viens de foutre! Ah! faites-le-moi bien lécher, pendant que je vais lancer mon sperme au fond de celui de votre amie... Le croiriez-vous, madame? il y est entré cette fois-ci sans peine!... Ah! foutre! foutre! vous n'imaginez pas comme elle le serre, comme elle le comprime!... Sacré foutu dieu, comme j'ai du plaisir!... Ah! c'en est fait, je n'y résiste plus... mon foutre coule... et je suis mort!...

Eugénie: Il me fait mourir aussi, ma chère bonne, je te le jure...

Mme de Saint-Ange: La friponne! comme elle s'y habituera promptement!

Dolmancé: Je connais une infinité de jeunes filles de son âge que rien au monde ne pourrait engager à jouir différemment; il n'y a que la première fois qui coûte; une femme n'a pas plutôt tâté de cette manière qu'elle ne veut plus faire autre chose... Oh! ciel! je suis épuisé; laissez-moi reprendre haleine, au moins quelques instants.

.../...

EXTRAIT2

Dolmancé : Eh bien ! quel est l'objet, Eugénie, sur lequel vous voulez qu'on vous entretienne ?

Eugénie : Je voudrais savoir si les mœurs ont vraiment nécessaires dans un gouvernement, si leur influence est de quelque poids sur le génie d'une nation.

Dolmancé : Ah ! parbleu ! en partant ce matin, j'ai acheté au palais de l'Égalité une brochure qui, s'il faut en croire le titre, doit nécessairement répondre à votre question... A peine sort-elle de la presse.

Mme de Saint-Ange : Voyons. (Elle lit.) Français, encore un effort si vous voulez être républicains. Voilà, sur ma parole, un singulier titre : il promet ; chevalier, toi qui possèdes un bel organe, lis-nous cela.

Dolmancé : Ou je me trompe, ou cela doit parfaitement répondre à la question d'Eugénie.

Eugénie : Assurément !

Mme de Saint-Ange : Sors, Augustin : ceci n'est pas fait pour toi ; mais ne t'éloigne pas ; nous sonnerons dès qu'il faudra que tu reparaisses.

Le Chevalier : Je commence.

Français, encore un effort si vous voulez être républicains
La religion


Français, je vous le répète, l'Europe attend de vous d'être à la fois délivrée du sceptre et de l'encensoir. Songez qu'il vous est impossible de l'affranchir de la tyrannie royale sans lui faire briser en même temps les freins de la superstition religieuse : les liens de l'une sont trop intimement unis à l'autre pour qu'en laissant subsister un des deux vous ne retombiez pas bientôt sous l'empire de celui que vous aurez négligé de dissoudre. Ce n'est plus ni aux genoux d'un être imaginaire ni à ceux d'un vil imposteur qu'un républicain doit fléchir ; ses uniques dieux doivent être maintenant le courage et la liberté. Rome disparut dès que le christianisme s'y prêcha, et la France est perdue s'il s'y révère encore.
Qu'on examine avec attention les dogmes absurdes, les mystères effrayants, les cérémonies monstrueuses, la morale impossible de cette dégoûtante religion, et l'on verra si elle peut convenir à une république. Croyez-vous de bonne foi que je me laisserais dominer par l'opinion d'un homme que je viendrais de voir aux pieds de l'imbécile prêtre de Jésus ? Non, non, certes ! Cet homme, toujours vil, tiendra toujours, par la bassesse de ses vues, aux atrocités de l'ancien régime ; dès lors qu'il put se soumettre aux stupidités d'une religion aussi plate que celle que nous avions la folie d'admettre, il ne peut plus ni me dicter des lois ni me transmettre des lumières ; je ne le vois plus que comme un esclave des préjugés et de la superstition.
Jetons les yeux, pour nous convaincre de cette vérité, sur le peu d'individus qui restent attachés au culte insensé de nos pères ; nous verrons si ce ne sont pas tous des ennemis irréconciliables du système actuel, nous verrons si ce n'est pas dans leur nombre qu'est entièrement comprise cette caste, si justement méprisée, de royalistes et d'aristocrates. Que l'esclave d'un brigand couronné fléchisse, s'il le veut, aux pieds d'une idole de pâte, un tel objet est fait pour son âme de boue ; qui peut servir des rois doit adorer des dieux ! Mais nous, Français, mais nous, mes compatriotes, nous, ramper encore humblement sous des freins aussi méprisables ? plutôt mourir mille fois que de nous y asservir de nouveau !
.../...
Croyons qu'un peuple assez sage, assez courageux pour conduire un monarque impudent du faîte des grandeurs aux pieds de l'échafaud ; qui dans ce peu d'années sut vaincre autant de préjugés, sut briser tant de freins ridicules, le sera suffisamment pour immoler au bien de la chose, à la prospérité de la république, un fantôme bien plus illusoire encore que ne pouvait l'être celui d'un roi.
Français, vous frapperez les premiers coups : votre éducation nationale fera le reste ; mais travaillez promptement à cette besogne ; qu'elle devienne un de vos soins les plus importants ; qu'elle ait surtout pour base cette morale essentielle, si négligée dans l'éducation religieuse. Remplacez les sottises déifiques, dont vous fatiguiez les jeunes organes de vos enfants, par d'excellents principes sociaux ; qu'au lieu d'apprendre à réciter de futiles prières qu'ils se feront gloire d'oublier dès qu'ils auront seize ans, ils soient instruits de leurs devoirs dans la société ; apprenez-leur à chérir des vertus dont vous leur parliez à peine autrefois et qui, sans vos fables religieuses, suffisent à leur bonheur individuel ; faites-leur sentir que ce bonheur consiste à rendre les autres aussi fortunés que nous désirons l'être nous-mêmes. Si vous asseyez ces vérités sur des chimères chrétiennes, comme vous aviez la folie de le faire autrefois, à peine vos élèves auront-ils reconnu la futilité des bases qu'ils feront crouler l'édifice, et ils deviendront scélérats seulement parce qu'ils croiront que la religion qu'ils ont culbutée leur défendait de l'être. En leur faisant sentir au contraire la nécessité de la vertu uniquement parce que leur propre bonheur en dépend, ils seront honnêtes gens par égoïsme, et cette loi qui régit tous les hommes sera toujours la plus sûre de toutes. Que l'on évite donc avec le plus grand soin de mêler aucune fable religieuse dans cette éducation nationale. Ne perdons jamais de vue que ce sont des hommes libres que nous voulons former et non de vils adorateurs d'un dieu. Qu'un philosophe simple instruise ces nouveaux élèves des sublimités incompréhensibles de la nature ; qu'il leur prouve que la connaissance d'un dieu, souvent très dangereuse aux hommes, ne servit jamais à leur bonheur, et qu'ils ne seront pas plus heureux en admettant, comme cause de ce qu'ils ne comprennent pas, quelque chose qu'ils comprendront encore moins ; qu'il est bien moins essentiel d'entendre la nature que d'en jouir et d'en respecter les lois ; que ces lois sont aussi sages que simples ; qu'elles sont écrites dans le cœur de tous les hommes, et qu'il ne faut qu'interroger ce cœur pour en démêler l'impulsion. S'ils veulent qu'absolument vous leur parliez d'un créateur, répondez que les choses ayant toujours été ce qu'elles sont, n'ayant jamais eu de commencement et ne devant jamais avoir de fin, il devient aussi inutile qu'impossible à l'homme de pouvoir remonter à une origine imaginaire qui n'expliquerait rien et n'avancerait à rien. Dites-leur qu'il est impossible aux hommes d'avoir des idées vraies d'un être qui n'agit sur aucun de nos sens."
Le texte intégral est [ici]



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