28 février 2007

Question d'organisation

Depuis quelques jours (voire quelques semaines maintenant) je transporte ma vie dans un sac de voyage. Comme je n'ai pas le temps d'habiter chez moi, j'ai fait un peu de ménage sur ce blogue et suis (finalement) passée à la version bêta. Selon la machine c'est beaucoup mieux rangé ...

24 février 2007

Histoire de...

Histoire de changer d'air je suis allée au cinoche à la séance spéciale du matin (j'adore aller au cinoche le matin). Histoire de changer d'air je suis donc allée voir "Le Petit Peintre du Rajahstan", l'histoire d'un petit garçon et de sa... grand-mère. En fait je suis arrivée avec 5 minutes de retard (ça par contre je déteste) à cause de ma ¤@#/%$$@¤$$#{# de banquière. Je crois que je vais encore changer d'agence tellement je ne les trouve pas sympathiques dans cette banque. Et ça ne doit pas venir que de ma tronche de cake et de mon caractère légendairement entier - mais comme dirait Bidule "Vaut mieux être entier qu'à moitié" - puisque j'ai assisté régulièrement à des échanges tendus et forts désagréables qui passaient au delà du seuil de discretion... Bref. La salle était plongée dans le noir lorsque je suis arrivée et le générique de début était terminé depuis bien longtemps. Le temps d'accoutumer mes yeux à l'obscurité (histoire de ne pas poser mon noble postérieur sur les genoux d'un intelligent, cultivé et richissime beau et grand célibataire) j'ai constaté que je n'étais pas seule dans la salle. Mais je me suis vite rendue compte également que la moyenne d'âge des spectateurs devait tourner aux alentours des 10/12 ans... adultes compris ! Comme ce n'était pas complètement mon jour de chance la version originale en hindi avait été doublée en douce dans une langue de mots lierre mais cela m'a tout de même permis de voyager loin, loin, loin, pendant une heure et demi. Etant donné que je n'ai pas vraiment pu prendre de vacances ces derniers temps c'est toujours ça de gagné. Je vous le confirme donc puisque je l'ai testé: ce film est TOUS PUBLICS (ou alors il n'y avait que des nains biens élevés) et au prix de la place (4.50 en période de vacances scolaires aux séances de 11 heures 15) je me demande pourquoi la salle n'était pas plus remplie !!! En plus, l'un des personnages donne une recette imparable pour apprendre à dessiner. Un conseil que je donne moi aussi depuis des années à tous ceux qui me soutiennent qu'ils ne savent pas dessiner et qui me demandent comment faire pour apprendre...
Vous ne pensiez tout de même pas que j'allais vous raconter l'histoire nan ?

22 février 2007

Alea jacta.


Il y a un peu plus de 2 ans maintenant j'avais entamé une formation avec MA docteur. MA docteur, celle qui me suit depuis 1996, date à laquelle j'avais assidument fréquenté les hôpitaux passant d'un service à un autre et parcourant 2 bons tiers de la France sur les (chapeaux de) roues de ma petite chaise... De guerre lasse cela s'était terminé au lit pour une grosse période de sommeil (réparateur ?). Puis, après un sursaut de conscience, chez le kiné, puis ce médecin conseillé par une ostéopathe. Après de longs mois j'étais à nouveau sur pieds non sans avoir exploré, étudié et expérimenté de près de nombreuses méthodes de rééducation, antalgication, nutrition, anti-inflammatoirisation, natation, yogation, homéopathisation, et cetera...tisation. Ensuite c'est une saine gymnastique d'entretien physique et mentale qui m'a permis de rester "droite dans mes bottes". Sur le chemin j'ai rencontré avec bonheur de nombreuses personnes. Parmi celles-ci une que Radi connait bien. C'est même à cause d'elle que je le connais lui et son éléphantesque famille. Si j'associe Tatie Moquette à mes roulettes de la mort c'est que quelques années après notre rencontre Tatie Moquette s'est retrouvée sous Interféron et je crois bien qu'elle y est encore... Non, non! Je ne digresse pas ! Immunologie et oncologie ont réussi malgré moi à peupler une bonne partie de mes lectures et à me forger du même coup une opinion qui n'appartient qu'à moi en ce qui concerne le pays merveilleux des Bouses blanches. Bien sûr si je parle de tout cela c'est en rapport avec ce qui se joue en ce moment avec mon aïeule bien aimée... et cette fameuse "formation" avec MA docteur sur laquelle s'ouvrait ce billet. A l'époque, les propos qu'elle tenait m'avait fortement ébranlée. Je ne m'y étendrai pas ici et ne chercherai pas à convaincre qui que ce soit de quoi que ce soit. Pour de plus amples infos allez donc faire un tour par []. Le fait est qu'en ce moment je me retrouve confrontée de très près à des choix que je sais ne pas être communément admis. Si l'hématologue qui va recevoir et étudier le dossier médical de la leucémie de mère-grand lundi propose une chimiothérapie nous ne la refuserons pas parce que jamais je ne pourrai me pardonner d'avoir laissé de côté une seule chance de pouvoir améliorer l'état de santé de ma grand-mère. Cependant je garderai en tête et je mettrai en pratique du mieux que je peux ce que j'ai pu apprendre et ce que MA docteur pourra me conseiller. Les dés sont donc jetés et la route risque d'être longue...

20 février 2007

J'y pense, j'y pense...

Moi aussi j'ai quelques bobines en magasins
sur lesquelles il serait temps que je me penche à nouveau...

d'autres bobines là [clic]

19 février 2007

Sortie


C...roix

Confirmation qu'il est aberrant d'avoir fait d'aussi longues études pour être aussi con. Y'a vraiment des crétins chez les toubibs. Mère-grand est donc ressortie les pieds derrière avec le moral en berne et un dossier médical plein de petits chiffres pas rigolos. Il serait souhaitable que l'un d'entre eux ne descende pas au dessous de 8.

Le secret de Diane Boisvert


Et bien le secret c'est manifestement de ne pas savoir patiner, de ne pas avoir (trop) d'enfants, d'être un peu malade tout le temps et de ne surtout pas se chopper une leucémie d'un seul coup d'un seul...

18 février 2007

Saturday night fut vert...

Y'a vraiment "des gens" qui n'ont rien
d'autre à faire le samedi soir...

etc...

Cette fois-ci ça y est.


J'ai failli les râter pourtant elles sont là depuis quelques jours.

16 février 2007

Quand faut y aller !

A la fin de ce film j'ai pensé très fort à une fille que je connais et qui pleure à la fin des bollywood. Moi les bollywood ça me fait pas systématiquement pleurer mais Congorama va venir s'ajouter à la liste des films qui m'ont émue aux larmes... Même si en ce moment c'est pas difficile de me faire pleurer.

(la musique du film est sous l'image)

15 février 2007

Action/Réaction

En attendant les heures des visites, les résultats des analyses et pendant que le loup n'y est pas, j'ai entrepris quelques travaux d'aménagement chez mère-grand. Etant donné que son périmètre d'action se réduit il a fallu déménager le cabinet de toilette et baisser d'à peu près 50 cm tous les rangements et autres gadgets muraux. Bricolage, lessivage, perçage etc, rien de tel pour s'occuper les mains et détourner son attention des choses tristes. En tout cas moi c'est tout ce que j'ai trouvé. J'espère juste que cela servira longtemps. Mère-grand bénéficie d'une permission de sortie ce week-end et moi d'une formation accélérée d'aide-soignante et d'auxilliaire à domicile. Mère-grand pourra donc inaugurer ses nouveaux appartements avant son retour à l'hosto dimanche soir.

10 février 2007

09 février 2007

Dans mes chaussettes...

LE MYÉLOGRAMME

DÉFINITION :
Ponction qui peut se faire au niveau du sternum ( au niveau du manubrium sternal, sur la ligne médiane, au premier espace intercostal ) ou à l’épine iliaque supérieure chez les enfants ou en cas de contre-indications pour la zone sternale, permettant d’extraire de la moelle osseuse afin d’ analyser quantitativement et qualitativement la nature et le pourcentage des différentes lignées cellulaires qui constituent le tissu hématopoïétique (c’est à dire la moelle rouge ).

BUT ET PRINCIPE :
Les précurseurs des éléments cellulaires sanguins se forment dans la moelle osseuse. Le myélogramme consiste à analyser la morphologie et l’équilibre des différentes cellules présentes dans cette moelle rouge. Il est réalisé en principe à la suite d’un hémogramme ayant mis en évidence des perturbations cellulaires. Il permet d’apprécier quantitativement et qualitativement les précurseurs des différents lignées:
=> les érythroblastes : précurseurs des globules rouges.
=> les précurseurs de globules blancs polynucléaires lymphocytes et monocytes.
=> les mégacaryocytes : précurseurs des plaquettes sanguines.
Et éventuellement de mettre en évidence des cellules anormales ( métastases et blastes ).
Toutes les hémopathies d’origines centrales peuvent être ainsi appréhendées.


INDICATIONS :
Elles sont assez précises, recouvrant toutes les suspicions d’affections hématologiques.
Par exemples :
=> anémies mégalocytaires ( hyper chromes : c’est une augmentation localisée ou étendue de la pigmentation normale de la peau ).
=> leucocytoses et leucopénies.
=> cellules anormales dans le sang.
=> splénomégalie, adénopathie, fièvre inexpliquée et prolongée.
=> maladie de Waldestrôm ( maladie lymphoproliférative progressive ).
=> myélome ( tumeur maligne ).
=> pancytopénie ( baisse des globules blancs, des plaquettes et des globules rouges dans le sang circulant ), arégénérative sans cause évidente.
=> diagnostic de leucémie.
=> exploration d’une thrombopénie ou d’une granulopénie.

CONTRE INDICATIONS :
Relative à la ponction en zone sternale :
- opération cardiaque.
- radiothérapie qui fragilise la zone sternale.
- les enfants et les bébés.

Absolue :
- trouble de l’hémostase

LIEU DE L’EXAMEN :
Elle se fait soit dans la chambre du patient ou en salle d’examen.

INCIDENTS ET ACCIDENTS :
Il peut y avoir :
=> un traumatisme thoracique qui est rare.
=> chez les personnes présentant des fibroses médullaires importantes, l’aspiration de la moelle est très difficile, voire impossible. Dans ce cas on appelle la ponction: “ponction blanche”.

PRÉCAUTIONS PARTICULIÈRES:
- un bilan hémostatique est réalisé et un arrêt des traitements par anticoagulant ou par antivitamines K (AVK ) est a mettre en place 48h00 à 72h00 avant.
Dans le bilan il y aura : le groupe sanguin, les RAI, le rhésus, pour palier au risque hémorragique que comporte cet examen.
- un hémogramme est effectué.
- demander au patient si il n’a pas d’allergie connue aux antiseptiques ou anesthésiques locaux.
- prendre la tension artérielle, les pulsations, et la température avant et après l’examen.
- planifier l’examen: au planning mural, dans le dossier de soins infirmier, que le médecin soit prévenu.
- la toilette doit être faite.
- l’examen ne nécessite pas que le patient soit à jeun.
- dans la zone ponction en zone iliaque il y aura une prémédication à donner quelques heures avant au patient.


DÉROULEMENT :

Préalable au soin :

Préparation du matériel :
=> antiseptique cutané ( protocole : Bétadine Scrub, eau stérile, Bétadine antiseptique ).
=> compresses stériles pour le pansement compressif qui se fera après la ponction.
=> adhésif pour le pansement.
=> rasoir pour un rasage si nécessaire.
=> anesthésique locale avec son aiguille et sa seringue.
=> gant stériles à la taille du médecin.
=> champs stérile troué.
=> une casaque stérile pour le médecin.
=> trocart de Mallarmé avec une seringue adaptable de 20ml.
=> lames de verre dégraissées à l’RC dissolvant ( nom générique de l’éther ) et étiquetées au nom du patient.
=> haricot et container pour récolter les aiguilles et le matériel souillés.

Avant :

Préparation du patient :
- préparation psychologique : Sachant que la ponction n’est pas volontiers acceptée, le personnel infirmier a là un rôle important à jouer sur le plan psychologique en expliquant que l’acte n’est pas dangereux et que les renseignements fournis sont indispensables au diagnostic et au traitement.
Lui expliquer également que l’acte dure environ 15mn et qu’il est toutefois douloureux lors de l’aspiration.
- le raser si nécessaire .
- lui faire une asepsie de la peau large et avec le protocole +Bétadine Scrub +Eau stérile +Bétadine antiseptique.
- lui prendre la TA, pulsations et la température avant la ponction.

Pendant :

- si c’est un enfant être à plusieurs pour le maintenir.
- le patient doit être installé en position décubitus dorsal si ponction sternale. Si la ponction se fait en iliaque postérieure installer une planche de bois sous le matelas pour qu’il y ai un plan dur sous le patient. Et celui-ci doit être en décubitus ventral ou latéral.
- le médecin fait un lavage simple des mains.
- il est procédé au repérage de la zone de ponction au niveau du manubrium sternal, sur la ligne médiane, au niveau du premier intercostal.
- le médecin injecte l’anesthésique local et attend environ un quart d’heure pour que l’anesthésique fasse effet
- puis lavage antiseptique, casaque et gants stériles.
- la ponction proprement dite est réalisée à l’aide du trocart de Mallarmé qui perce les tissus mous puis la corticale osseuse sous jacente avant de se retrouver dans la moelle rouge où le médecin après avoir retiré le mandrin, effectue l’aspiration médullaire lente grâce à une seringue de 20ml.
- pendant la ponction surveiller si le patient se sent bien et repérer les mimiques qu’il pourrait faire pour exprimer une quelconque douleur ou un malaise. C’est pourquoi pendant l’examen il sera utile de prendre la tension artérielle du malade et sa fréquence cardiaque ainsi que sa température. Ne pas oublier de lui parler pour atténuer les sensations de douleur.
- lors du retrait du trocart, une compression du point de ponction est alors effectuer à l’aide des compresses stériles et du sparadrap spécial utilisé pour les pansements compressifs. Ce pansement sera surveillé de très prés. En effet l’infirmière surveille l’aspect du pansement afin de détecter tout saignement anormal, elle le renouvelle si besoin.
- le produit de l’aspiration médullaire est immédiatement étalé sur des lames de verre au préalable dégraissées à RC dissolvant ( nom générique de l’éther ) et séchées par agitation.
Pour réaliser ce que l’on appelle un “ frottis cellulaire”:
=> On met une goutte du produit à l’une des extrémités d’une des deux lames.
=> On rapproche obliquement la deuxième lame sur cette goutte et on la fait glisser toujours obliquement vers l’autre extrémité de la première lame.
=> Ensuite on laisse tomber doucement la deuxième lame sur la première en faisant attention de ne pas y laisser de bulle d’air sur le frottis.


- les lames sont identifiées avant le frottis au nom du malade et elles sont acheminées vers le laboratoire de cytologie dans des délais rapides => moins de 24h00.
L’infirmière doit s’assurer que les prélèvements soient bien acheminés rapidement au laboratoire et en toute sécurité en raison de la difficulté de reproduction de l’examen.
- le matériel servant à la ponction est éliminé dans un container au fur et à mesure de l’examen.
- le patient aura le droit de se lever au bout de quelques heures avec la présence de l’infirmière pour éviter qu’il soit seul au cas où il aurait un malaise vagal. De ce fait après l’examen on lui reprendra sa tension artérielle, sa fréquence cardiaque et sa température.
- ensuite on verra avec le médecin pour la reprise des traitements par anticoagulant et par AVK.


RÉSULTATS :
On y apprécie :
=> la richesse cellulaire de la moelle osseuse ( qu’elle soit blanche, déserte, pauvre, moyenne, ou riche ).
=> la proportion des différentes lignées cellulaires.
=> l’équilibre des différents stades de maturation au sein d’une même lignée cellulaire,c’est à dire des cellules les plus jeunes ( se sont les moins nombreuses ) aux cellules les matures ( se sont les plus nombreuse ).
=> la présence des cellules étrangères à la moelle.
=> la présences de cellules blastiques en proportion importante dans les leucémies aigues.
=> la distinction entre l’origine centrale ( médullaire )d’une insuffisance cellulaire ou périphérique ( sang circulant ).

Une moelle normale est facile à prélever, riche, sans de cellules étrangères au tissu hématopoïétique. Elle montre une répartition harmonieuse des différents stades de maturations des cellules de la lignée blanche avec un aspect dit en pyramide, c’est à dire peu de cellules jeunes, et d’autant plus de cellules matures au fur et à mesure de la différentiation.
On observe en outre, la présence de mégacaryocytes ( précurseurs des plaquettes sanguines ) d’allure non dysmorphique.
On peut profiter du prélèvement de la moelle pour réaliser d’autre examens selon la pathologie en cause: étude des chromosomes par un caryotype, recherche de bacilles de Khoch par myéloculture, etc...



LES RÉSULTAS NORMAUX :


Cellules mères : ( des séries rouges et blanches )
=> Hémohistioblaste - Hémocytoblastes 0 à 3%


Lignée érythrocytaire : 10 à 30%
=> Proérythroblastes 0 à 2%
=> Érythroblastes basophiles 0 à 4%
polychromatophiles 2 à 12%
acidophiles 5 à 15%


Lignée leucocytaire :

=> lignée myéloïdes ou granuleuse :
- Myéloblastes 0 à 1%
- Promyélocytes 2 à 6%
- Myélocytes neutrophiles 8 à 25% éosinophiles 0 à 4% basophiles 0 à 1%
- Métamyélocytes neutrophiles 5 à 20%
éosinophiles 0 à 5%
basophiles 0 à 2%
- Polynucléaire neutrophiles 10 à 30%
éosinophiles 0 à 2%
basophiles 0 à 1%

=> lignée lymphoïde :
- Lymphoblaste 0
- Lymphocytes 8 à 12%

=> Lignée monocytaire :
- Monocytes 1 à 3%
- Plasmocytes 0 à 3%
- Histiocytes 0 à 1%

Lignée mégacaryocytaires :
=> mégacaryocytes rare


VARIATIONS PATHOLOGIQUES:
Les perturbations du myélogramme précédent ceux de l’hémogramme ou souvent parfois même isolée; aussi, dans bien des cas, l’examen de la moelle est plus instructif que l’examen du sang.

Modification qualitative : ( présence de cellules anormales )
- mégaloblastes=> maladie de Biermer.
-leucoblastes=> leucémie aiguë.
- cellules métastatiques.
- cellules de Steinberg=> maladie de Hodgkin.
- présence de parasite=> Leishmania.

Modification qualitative :
=> moelle pauvre :
- globalement ( moelle désertique ): pancytopènie ( diminution des éléments figurés du sang ), aplasie médullaire, aleucie hémorragique.
- en érythroblastes : anémie aplasique ou hypoplasiques.

- en granulocytes : agranulocytoses.
- en mégacaryocytes: leucose, myélome.

=>moelle riche :
- globalement : anémie post hémorragique.
- en érythroblastes: est le signe d’une hyperplasie réactionnelle de la moelle au cours d’anémie ou de polyglobulie ( maladie de Vasquez )ou témoigne d’un trouble de l’ hématopoïèse ( métastases cancéreuse médullaire ), ou fait la preuve d’une érythroblastoses aiguë.
- En éléments granuleux=> leucémie myéloïde.
- en éléments de la série lymphoïde : leucémie, lymphoïde.
- en élément,ts de la série monocytaire=> leucémie à monocytes.
- en plasmocytes : myélome

08 février 2007

J'ai mon "B" & mon "C" !

Depuis hier soir, mère-grand est rentrée en urgence à l'hôpital
et Cat Power me hante les oreilles grâce à Rachid Ouramdane.

CAT POWER - 'Where is my love'

Aveugle...

Et parfois, ça fait très mal au cul de retrouver la vue !

07 février 2007

Reprise...


Rachid Ouramdane - Cover


4 danseurs. Un black et 3 blancs au corps maquillé en... noir. 4 hommes qui marchent, marchent encore, traversent le plateau de part en part et s'isolent tour à tour dans un solo. Un plateau qui au fur et à mesure des déambulations de chacun se couvre d'objets déposés ici ou là par les "passants". Des objets aussi noirs que les corps. Des objets aux même reflets de bronze. Parmi ces objets: une platine. Une platine qui tout du long de COVER va diffuser le son de vinyles qui, dans les années 80 au Brésil, voyaient certaines de leur piste rayés par la censure. Une ambiance sombre, un univers noir, mais j'ai retrouvé dans COVER tout ce qui fait que j'aime la danse contemporaine (je crois). Des spectacles au carrefour de la performance et de l'installation. Du mouvement, des couleurs, des objets et du son. Parce que sans doute mon corps est perpétuellement amené à s'adapter à l'espace dans lequel il se meut et aux objets qu'ils rencontre. Parce que la musique occupe MON espace personnel. Parce que le corps aussi est un de nos premier véhicule d'expression et qu'il est si souvent oublié et contraint. La danse classique me fait mal aux os. La danse contemporaine sait régulièrement me mettre en désir de mouvement corporel ET intellectuel... C'est sans doute ce que je n'ai pas apprécié dans le spectacle de Loïc Touzé dont je parlais récemment. Il n'a mis que mon intellect en mouvement. Quand la danse contemporaine, ou toute autre forme d'expression artistique, parvient à ouvrir un espace d'interprétation totalement libre de contraintes de sens, où chaque spectateur peut trouver sa place pour peu qu'il se laisse aller et prendre par la main alors là je dis BRAVO. Hier soir, le public a réservé un accueil glacial à la pièce de Rachid Ouramdane. Pas moi. Lors du salut les danseurs parcouraient des yeux la salle qui applaudissait mollement. J'avais quant à moi les zygomatiques à bloc et je souriais de toutes mes dents car je venais de passer une heure pleine d'émotions qui n'appartiennent sans doute qu'à moi. Quand leurs yeux ont fini par glisser sur mon siège, et devant mon air niais, là l'un d'entre eux s'est mis à sourire lui aussi de toutes ses dents. J'espère sincèrement qu'hier soir mon sourire extatique aura eu raison de la froideur des trois quart de la salle.



Rachid Ouramdane.
« Dans la diversité des paysages du nord-est du Brésil, dans son héritage encore récent d'une politique violente, et dans ses écarts culturels et sociaux, il m'a semblé rencontrer des gens d'une sensibilité aiguisée à la perception de la différence et dans le souci de la cultiver.
Le pragmatisme et la solidarité dont ils font preuve créent des phénomènes d'incorporation d'où naît un large spectre de métissages. Il est troublant de voir combien ces identités mélangées créent un sentiment d'appartenance à une majorité plutôt qu'elles ne marginalisent. Ils résistent à l'uniformisation d'une globalisation souhaitée ou subie et proposent des alternatives communautaires plutôt qu'individuelles. Cela m'a semblé être un bon endroit pour réfléchir la figure du « métisse contemporain » non pas comme porteur d'une forme de différence et d'exotisme mais dans sa capacité à créer du lien là où il semble y avoir de la distance. »




Entrevue Ouramdane/Tribeca75.TV à l'occasion de la programmation de COVER
au Centre Georges Pompidou en Janvier 2006.

03 février 2007

Janvier rime avec TNB

Parce que ces couillons ont eu la bonne idée de concentrer leur programmation danse contemporaine en janvier me voilà au théâtre une à deux fois par semaine. Plus le reste ça commence à faire beaucoup ! Mais on va pas se plaindre. Heureusement que je vais être en chômage technique dans pas longtemps!!! La récolte n'a pas été mauvaise. Alors dans l'ordre mais pas celui de la préférence:


Loïc TOUZE - 9 -
Bon ben c'est bien Loïc Touzé mais franchement ce soir là j'avais pas envie de vivre la danse avec la tête. Et puis j'allais voir le premier vrai concert de Marion depuis la fin de sa résidence alors forcément j'avais pas trop la tête. En fait j'ai passé une heure à me dire que quitte à arriver en retard au Muséum Café j'aurai mieux fait d'aller voir Marine danser. bref. Monsouvenir du premier spectacle de Touzé vu à Montpellier il y a 5 ou 6 ans a pris une claque dans la gueule...



Salia nï Seydou et Ars Nova - Un Pas de côté -
Dans la série "pas d'bol" y'a eu aussi Un Pas de côté. Moi quand je suis dans la rue je fais un pas de côté quand... Et ben là désolée mais j'aurais préféré me taper Louis Page à la téloche que de ma farcir ça. J'ai eu l'impression de voir un mauvais spectacle de fin d'année. Sauf que EUX ce sont des pros... joli projet sur le papier mais alors dans mon siège c'était loooooooooonnggg !!!






Gilles Jobin - Double Deux -
Y'a pas de mots pour parler d'un spectacle qui vous transporte et qui vous donne une seule envie: bouger, danser... Et là une heure c'est trop court. Gilles Jobin (que je ne connaissais pas) c'est TROP BON ! J'EN VEUX ENCOOOOORE !!! Et dans ces cas là je me prends même à BEAUCOUP apprécier la musique électro... MIAM !

Endstation Amerika
Une adaptation de "Un Tramway nommé Désir" deTennessee Williams
Adaptation et mise en scène Frank Castorf de la Volskbühne Berlin.

Un spectacle où l'on se rend en trainant des pieds parce que l'on est crevé et qui vous assomme avant de commencer car vous vous rendez-compte que vous en prenez pour 2h30 c'est sûr que c'est pas gagné pour la troupe qui va donner le meilleur d'elle-même. C'est sans doute ce que l'on appelle un public pas acquis... et ben je suis ressortie de là défatiguée, contente et sans avoir vu passé les 2h30. En plus ça m'a donné envie de lire le texte original et j'ai enfin compris que le tramway que l'on nommait Désir c'était la Vie et que c'était pas si mal d'être monté dedans. Je suis niaise des fois ? Ouai je sais.


La Philosophie dans le boudoir
ou Les Instituteurs immoraux

Et pour terminer, LE texte que je n'ai jamais pu lire dans son entier et que pour une fois j'ai pu entendre... Pourquoi n'ai-je donc jamais pu le lire dans son ensemble ? La réponse est sans doute dans les extraits qui suivent. Tout ce que je peux vous dire c'est que je n'avais jamais réussi à ma farcir les pages philosophant sur le gouvernement et la place de la femme dans la société. Je le regrette car, présentés ainsi, certains passages résonnaient fortement face à l'actualité politique du moment... Je n'ai pas aimé les costumes, mais ils ne sont pas tout le temps habillés donc...


Marquis de Sade (1740 - 1814)
La Philosophie dans le boudoir ou Les instituteurs immoraux
DIALOGUES
Destinés à l'éducation des jeunes Demoiselles



EXTRAIT1

"Mme de Saint-Ange: Eugénie, veux-tu lui faire goûter de plus grands plaisirs?

Eugénie: Assurément... je veux tout faire pour lui en donner.

Mme de Saint-Ange: Eh bien! prends son vit dans ta bouche, et suce-le quelques instants.

Eugénie, le fait: Est-ce ainsi?

Dolmancé: Ah! bouche délicieuse! quelle chaleur!... Elle vaut pour moi le plus joli des culs!... Femmes voluptueuses et adroites, ne refusez jamais ce plaisir à vos amants: il vous les enchaînera pour jamais... Ah! sacredieu!... foutredieu!...

Mme de Saint-Ange: Comme tu blasphèmes, mon ami!

Dolmancé: Donnez-moi votre cul, madame... Oui, donnez-le-moi, que je le baise pendant qu'on me suce, et ne vous étonnez point de mes blasphèmes: un de mes plus grands plaisirs est de jurer Dieu quand je bande. Il me semble que mon esprit, alors mille fois plus exalté, abhorre et méprise bien mieux cette dégoûtante chimère; je voudrais trouver une façon ou de la mieux invectiver, ou de l'outrager davantage; et quand mes maudites réflexions m'amènent à la conviction de la nullité de ce dégoûtant objet de ma haine, je m'irrite et voudrais pouvoir aussitôt réédifier le fantôme, pour que ma rage au moins portât sur quelque chose. Imitez-moi, femme charmante, et vous verrez l'accroissement que de tels discours porteront infailliblement à vos sens. Mais, doubledieu!... je le vois, il faut, quel que soit mon plaisir, que je me retire absolument de cette bouche divine... j'y laisserais mon foutre!... Allons, Eugénie, placez-vous; exécutons le tableau que j'ai tracé, et plongeons-nous tous trois dans la plus voluptueuse ivresse. (L'attitude s'arrange.)

Eugénie: Que je crains, mon cher, l'impuissance de vos efforts! La disproportion est trop forte.

Dolmancé: J'en sodomise tous les jours de plus jeunes; hier encore, un petit garçon de sept ans fut dépucelé par ce vit en moins de trois minutes... Courage, Eugénie, courage!...

Eugénie: Ah! vous me déchirez!

Mme de Saint-Ange: Ménagez-la, Dolmancé; songez que j'en réponds.

Dolmancé: Branlez-la bien, madame, elle sentira moins la douleur, au reste, tout est dit maintenant m'y voilà jusqu'au poil.

Eugénie: Oh! ciel! ce n'est pas sans peine... Vois la sueur qui couvre mon front, cher ami... Ah! Dieu! jamais je n'éprouvai d'aussi vives douleurs!...

Mme de Saint-Ange: Te voilà à moitié dépucelée, ma bonne, te voilà au rang des femmes; on peut bien acheter cette gloire par un peu de tourment; mes doigts, d'ailleurs, ne te calment-ils donc point?

Eugénie: Pourrais-je y résister sans eux!... Chatouille-moi, mon ange... je sens qu'imperceptiblement la douleur se métamorphose en plaisir... Poussez!... poussez!... Dolmancé... je me meurs!

Dolmancé: Ah! foutredieu! sacredieu! tripledieu! changeons, je n'y résisterais pas... Votre derrière, madame, je vous en conjure, et placez-vous sur-le-champ comme je vous l'ai dit. (On s'arrange, et Dolmancé continue.) J'ai moins de peine ici... Comme mon vit pénètre!... Mais ce beau cul n'en est pas moins délicieux, madame!...

Eugénie: Suis-je bien ainsi, Dolmancé?

Dolmancé: A merveille! Ce joli petit con vierge s'offre délicieusement à moi. Je suis un coupable, un infracteur, je le sais; de tels attraits sont peu faits pour mes yeux; mais le désir de donner à cette enfant les premières leçons de la volupté l'emporte sur toute autre considération. Je veux faire couler son foutre... je veux l'épuiser, s'il est possible... (Il la gamahuche.)

Eugénie: Ah! vous me faites mourir de plaisir, je n'y puis résister!...

Mme de Saint-Ange: Pour moi, je pars!... Ah! fous!... fous!... Dolmancé, je décharge!...

Eugénie: J'en fais autant, ma bonne... Ah! mon Dieu, comme il me suce!...

Mme de Saint-Ange: Jure donc, petite putain!... Jure donc!...

Eugénie: Eh bien, sacredieu! je décharge! Je suis dans la plus douce ivresse!...

Dolmancé: Au poste!... au poste, Eugénie! Je serai la dupe de tous ces changements de main. (Eugénie se replace.) Ah! bien! me revoici dans mon premier gîte... montrez-moi le trou de votre cul, madame, que je le gamahuche à mon aise... Que j'aime à baiser un cul que je viens de foutre! Ah! faites-le-moi bien lécher, pendant que je vais lancer mon sperme au fond de celui de votre amie... Le croiriez-vous, madame? il y est entré cette fois-ci sans peine!... Ah! foutre! foutre! vous n'imaginez pas comme elle le serre, comme elle le comprime!... Sacré foutu dieu, comme j'ai du plaisir!... Ah! c'en est fait, je n'y résiste plus... mon foutre coule... et je suis mort!...

Eugénie: Il me fait mourir aussi, ma chère bonne, je te le jure...

Mme de Saint-Ange: La friponne! comme elle s'y habituera promptement!

Dolmancé: Je connais une infinité de jeunes filles de son âge que rien au monde ne pourrait engager à jouir différemment; il n'y a que la première fois qui coûte; une femme n'a pas plutôt tâté de cette manière qu'elle ne veut plus faire autre chose... Oh! ciel! je suis épuisé; laissez-moi reprendre haleine, au moins quelques instants.

.../...

EXTRAIT2

Dolmancé : Eh bien ! quel est l'objet, Eugénie, sur lequel vous voulez qu'on vous entretienne ?

Eugénie : Je voudrais savoir si les mœurs ont vraiment nécessaires dans un gouvernement, si leur influence est de quelque poids sur le génie d'une nation.

Dolmancé : Ah ! parbleu ! en partant ce matin, j'ai acheté au palais de l'Égalité une brochure qui, s'il faut en croire le titre, doit nécessairement répondre à votre question... A peine sort-elle de la presse.

Mme de Saint-Ange : Voyons. (Elle lit.) Français, encore un effort si vous voulez être républicains. Voilà, sur ma parole, un singulier titre : il promet ; chevalier, toi qui possèdes un bel organe, lis-nous cela.

Dolmancé : Ou je me trompe, ou cela doit parfaitement répondre à la question d'Eugénie.

Eugénie : Assurément !

Mme de Saint-Ange : Sors, Augustin : ceci n'est pas fait pour toi ; mais ne t'éloigne pas ; nous sonnerons dès qu'il faudra que tu reparaisses.

Le Chevalier : Je commence.

Français, encore un effort si vous voulez être républicains
La religion


Français, je vous le répète, l'Europe attend de vous d'être à la fois délivrée du sceptre et de l'encensoir. Songez qu'il vous est impossible de l'affranchir de la tyrannie royale sans lui faire briser en même temps les freins de la superstition religieuse : les liens de l'une sont trop intimement unis à l'autre pour qu'en laissant subsister un des deux vous ne retombiez pas bientôt sous l'empire de celui que vous aurez négligé de dissoudre. Ce n'est plus ni aux genoux d'un être imaginaire ni à ceux d'un vil imposteur qu'un républicain doit fléchir ; ses uniques dieux doivent être maintenant le courage et la liberté. Rome disparut dès que le christianisme s'y prêcha, et la France est perdue s'il s'y révère encore.
Qu'on examine avec attention les dogmes absurdes, les mystères effrayants, les cérémonies monstrueuses, la morale impossible de cette dégoûtante religion, et l'on verra si elle peut convenir à une république. Croyez-vous de bonne foi que je me laisserais dominer par l'opinion d'un homme que je viendrais de voir aux pieds de l'imbécile prêtre de Jésus ? Non, non, certes ! Cet homme, toujours vil, tiendra toujours, par la bassesse de ses vues, aux atrocités de l'ancien régime ; dès lors qu'il put se soumettre aux stupidités d'une religion aussi plate que celle que nous avions la folie d'admettre, il ne peut plus ni me dicter des lois ni me transmettre des lumières ; je ne le vois plus que comme un esclave des préjugés et de la superstition.
Jetons les yeux, pour nous convaincre de cette vérité, sur le peu d'individus qui restent attachés au culte insensé de nos pères ; nous verrons si ce ne sont pas tous des ennemis irréconciliables du système actuel, nous verrons si ce n'est pas dans leur nombre qu'est entièrement comprise cette caste, si justement méprisée, de royalistes et d'aristocrates. Que l'esclave d'un brigand couronné fléchisse, s'il le veut, aux pieds d'une idole de pâte, un tel objet est fait pour son âme de boue ; qui peut servir des rois doit adorer des dieux ! Mais nous, Français, mais nous, mes compatriotes, nous, ramper encore humblement sous des freins aussi méprisables ? plutôt mourir mille fois que de nous y asservir de nouveau !
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Croyons qu'un peuple assez sage, assez courageux pour conduire un monarque impudent du faîte des grandeurs aux pieds de l'échafaud ; qui dans ce peu d'années sut vaincre autant de préjugés, sut briser tant de freins ridicules, le sera suffisamment pour immoler au bien de la chose, à la prospérité de la république, un fantôme bien plus illusoire encore que ne pouvait l'être celui d'un roi.
Français, vous frapperez les premiers coups : votre éducation nationale fera le reste ; mais travaillez promptement à cette besogne ; qu'elle devienne un de vos soins les plus importants ; qu'elle ait surtout pour base cette morale essentielle, si négligée dans l'éducation religieuse. Remplacez les sottises déifiques, dont vous fatiguiez les jeunes organes de vos enfants, par d'excellents principes sociaux ; qu'au lieu d'apprendre à réciter de futiles prières qu'ils se feront gloire d'oublier dès qu'ils auront seize ans, ils soient instruits de leurs devoirs dans la société ; apprenez-leur à chérir des vertus dont vous leur parliez à peine autrefois et qui, sans vos fables religieuses, suffisent à leur bonheur individuel ; faites-leur sentir que ce bonheur consiste à rendre les autres aussi fortunés que nous désirons l'être nous-mêmes. Si vous asseyez ces vérités sur des chimères chrétiennes, comme vous aviez la folie de le faire autrefois, à peine vos élèves auront-ils reconnu la futilité des bases qu'ils feront crouler l'édifice, et ils deviendront scélérats seulement parce qu'ils croiront que la religion qu'ils ont culbutée leur défendait de l'être. En leur faisant sentir au contraire la nécessité de la vertu uniquement parce que leur propre bonheur en dépend, ils seront honnêtes gens par égoïsme, et cette loi qui régit tous les hommes sera toujours la plus sûre de toutes. Que l'on évite donc avec le plus grand soin de mêler aucune fable religieuse dans cette éducation nationale. Ne perdons jamais de vue que ce sont des hommes libres que nous voulons former et non de vils adorateurs d'un dieu. Qu'un philosophe simple instruise ces nouveaux élèves des sublimités incompréhensibles de la nature ; qu'il leur prouve que la connaissance d'un dieu, souvent très dangereuse aux hommes, ne servit jamais à leur bonheur, et qu'ils ne seront pas plus heureux en admettant, comme cause de ce qu'ils ne comprennent pas, quelque chose qu'ils comprendront encore moins ; qu'il est bien moins essentiel d'entendre la nature que d'en jouir et d'en respecter les lois ; que ces lois sont aussi sages que simples ; qu'elles sont écrites dans le cœur de tous les hommes, et qu'il ne faut qu'interroger ce cœur pour en démêler l'impulsion. S'ils veulent qu'absolument vous leur parliez d'un créateur, répondez que les choses ayant toujours été ce qu'elles sont, n'ayant jamais eu de commencement et ne devant jamais avoir de fin, il devient aussi inutile qu'impossible à l'homme de pouvoir remonter à une origine imaginaire qui n'expliquerait rien et n'avancerait à rien. Dites-leur qu'il est impossible aux hommes d'avoir des idées vraies d'un être qui n'agit sur aucun de nos sens."
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